jeudi 16 juillet 2009

Relief ou le discours sur l'éloquence

Le sujet : trois hommes tentent un parcours politique en empruntant les formes traditonnelles du pouvoir.

Forme contenue :
Relief est un travail sur et une critique de la forme. Le spectacle utilise de la mise en scène politique et de la danse, ce qu’elles représentent de leurs formes et de leurs conventions. Traitées comme telles, et sur un même et seul niveau, elles sont les outils d’un travail sur leur propre critique.

Mise en scène :
En rapprochant ou en éloignant les modes de représentation de la politique et de la danse, la mise en scène met en relief une forme sur l’autre changeant ainsi et simultanément la nature d’un mouvement, d’un parcours ou d’une parole. Par exemple, le geste qui partirait d’une intention politique peut, rattrapé par la danse, changer sa signification d’origine, modifier sa perspective et interroger le spectateur sur le sens même de cet acte et de son déroulement.

Scénographie :
Il en est de la scénographie comme d’un espace vide. Un espace qui servirait le temps du jeu et de la danse. Un espace qui par son absence de repère et d’échelle deviendrait le temps nécessaire pour créer les correspondances entre les différents niveaux de jeu et de la scène. Le temps pour la danse, les mots, la musique et la lumière de prendre leur sens. Cette scénographie n’inscrit rien qui pourrait renseigner sur ces hommes ; aucun objet, aucun décor qui les renverrait à une dimension humaine. Ils sont et demeurent dans cet espace d’image mythique –si pauvre soit elle, de l’homme politique.



Entretien de Marcel Duchamp avec Pierre Cabanne :
-Est- ce que vous vous intéressez à la politique ?- Non, pas du tout. N’en parlons pas. Je ne sais rien. Je ne comprends rien à la politique et je constate que c’est vraiment une activité stupide qui ne mène à rien. Que cela conduise au communisme, à la monarchie, à une république démocratique, c’est exactement la même chose pour moi. Les hommes sont obligés, me direz-vous, de faire de la politique pour vivre en société, mais cela ne justifie nullement l’idée de politique comme un grand A en soi. C’est pourtant ce que le politicien croit. Ils se figurent vraiment quelque chose d’extraordinaire ! C’est un peu comme les notaires, comme mon père. Le style de ces gens-là est comme le style notarial. Je me rappelle les actes de mon père, c’était à mourir de rire ce langage.

Mise en scène : Catherine Baÿ.
Interprétation : Jean-Louis Berdat, Dario Costa, Alan Fairbairn.
Architecte/scénographe : Laurence Bourgeois, Pascale Lecoq.
Lumière : Philippe Berthomé
Son : Dominique Scherrer

 



Diffusion :
-Festival d’Ajaccio, Corse, 1999.
-Festival Bellone Brigittines, 1996.
-Ménagerie de verre, 1995.